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Vincent
Loos est notre meilleur arbitre au niveau international.
Il est le seul belge à être couronné. Il était invité
par la FIH à arbitrer le World Cup Qualifier de Lille
où je l'ai rencontré. Vincent Loos est arrivé tard
à l'arbitrage; il a commencé à l'âge de 28 ans et il
a déjà 41 ans. Joueur moyen selon ses dires, il était
capitaine de l'équipe réserve de l'Héraklès avant d'être
appellé par Hubert Asselman pour prendre le sifflet
et arbitrer... Conversation à sifflet rompu...
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okey
: A quelle période se situait ton arrivée dans le corps arbitral? Vincent
Loos : C'était en 1995
avec une série d'arbitre bien connus aujourd'hui : Frédéric Deneumostier,
Sébastien Duterme, Sébastien Mommens; nous étions poussés par Paul
Prick qui voyait une série d'arbitre arrêter. Aidé par Hubert Asselman
et Georges Collignon, nous avons très vite progressé et j'ai été
désigné arbitre de nationale 1 un an après mes débuts. Et en 1997,
je sifflais mon premier tournoi à Cardiff (c'était la Coupe des
Coupes avec Louvain); il y avait Robert Lycke comme directeur du
tournoi et cela m'a aidé.
okey
: Des représentants belges dans les instances internationales, ça
aide? Vincent Loos :
tout-à-fait! Il est indispensable d'être poussé et nous manquons
de gens à ce niveau. Précédemment, il y avait Adrien Peters, Claire
Monseu, etc. qui nous aidaient à avancer. Au plus haut niveau, c'est
très politique et il me semble indispensable d'avoir des repésentants
belges à chaque tournoi. Je me souviens du récent tournoi U21 en
Malaisie: lors de la troisième semaine, les grands pays arrivent
avec leurs représentants de grand niveau, des gens hyper-connus,
qui ont une aura indiscutable; cela a aidé certains tandis que les
autres étaient oubliés. La Belgique doit absolument remplacer ces
grands anciens qui sont très utiles. Si j'arrête l'arbitrage (en
international, on est "retraité" à 46 ans), c'est certainement
un job pour moi.
okey
: Avec aussi un encadrement des autres arbitres qui montent! Vincent
Loos : C'est ce qui nous a manqué lorsque nous sommes
arrivés au niveau international. Nous avons suivi deux grands internationaux
belges, Patrick Van Beneden et Eric Denis. Ils ne nous ont pas accompagné
lors de nos débuts. Ce sont deux arbitres qui auraient pu nous transmettre
l'expérience, le feeling, les attitudes, ce qu'il faut pour gérer
un match. Le seul qui a pu m'aider en ce temps-là, c'est Jacky Manneback
qui appartenait déjà à une génération antérieure. Il m'a expliqué
comment contrôler, avoir la finesse pour tenir tous les éléments
qui font partie d'un match; comment inspirer et imposer le respect
pour faire un bon management de la rencontre.
okey
: Tu es au niveau des arbitres couronnés: le top pour toi? Vincent
Loos : J'ai commencé fort tard, cela fait 10 ans que je suis
en international, et quatre ans que je suis couronné. Le niveau
au-dessus, c'est le top, la liste "JO et Coupe du Monde":
il y a une vingtaine d'arbitres à ce niveau. Je ne sais pas si j'y
arriverai, mais en tout cas si je rétrograde, je laisserai ma place
à un autre. Car chaque pays a un quota d'arbitre aux différents
niveaux et celui qui ne progresse plus ou baisse de niveau bouche
la place d'un jeune qui pourrait progresser. Il y a à chaque tournoi
des points qui sont attribués. Si on est trop d'arbitres du même
pays, on disperse les points et cela peut empêcher un bon jeune
d'arriver à un bon niveau. A partir de "Promising" (le
niveau juste en-dessous de la catégorie "Couronné", on
est désigné par la FIH; en-dessous, c'est la catégorie "International",
et là, c'est la fédération nationale qui désigne ses arbitres. Il
y a là une gestion qui doit être faite intelligemment.
okey
: Vous êtes défrayés pour arbitrer? Vincent Loos : Ici, à
Lille, nous sommes logés et nourris; c'est tout. Le président de
la fédération, Marc Coudron, a trouvé anormal que les joueurs des
équipes nationales soient payés pour les jours prestés et pas nous.
Il a introduit un statut équivalent à celui des joueurs et donc
un défraiement pour les arbitres internationaux, suivant leur grade.
Comme arbitre couronné, je touche 50€ par jour (les autres arbitres
de grade inférieur touchent moins). Il ne faut pas oublier que pendant
les 10 jours de ce tournoi, je ne gagne rien, mais que les frais
à la maison et les loyers continuent à courir. Et puis n'oublions
pas que nous sommes des athlètes de haut niveau; nous nous soignons
comme les joueurs que nous arbitrons.
okey
: Quel est le niveau ici à Lille? Vincent Loos : Il y a des
arbitres avec plus 100 matches: un Murray Grime est Golden Whistle.
Pour arbitrer ici, il faut un excellent niveau. Sur le beep test,
nous devons arriver à 8. En Belgique, pour arbitrer en national,
le niveau requis est 6; c'est trop bas à mon sens, on doit monter
la limite. Nous devons exiger plus chez nous, d'autant que les nouvelles
règles, comme la self-pass, demandent un placement excellent: sans
physique, on y arrive pas. L'arbitrage belge s'améliore, il y a
une bonne ambiance, de nouvelles têtes prometteuses. Nous devons
nous améliorer, progresser, mais il faut aussi en face, au niveau
des coaches entre autre, cesser de critiquer ou de reporter ses
problèmes, ses défaites sur l'arbitrage. Nous commettons des erreurs,
j'en suis conscient, mais au même titre que les joueurs. Et j'ose
espérer que la presse ne mettra plus trop ces problèmes en avant
alors qu'il y en a d'autres qui sont plus importants au niveau des
matches.
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