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11/11/09 Arbitrage : Vincent Loos, notre meilleur arbitre ...

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Vincent Loos est notre meilleur arbitre au niveau international. Il est le seul belge à être couronné. Il était invité par la FIH à arbitrer le World Cup Qualifier de Lille où je l'ai rencontré.
Vincent Loos est arrivé tard à l'arbitrage; il a commencé à l'âge de 28 ans et il a déjà 41 ans. Joueur moyen selon ses dires, il était capitaine de l'équipe réserve de l'Héraklès avant d'être appellé par Hubert Asselman pour prendre le sifflet et arbitrer...
Conversation à sifflet rompu...

okey : A quelle période se situait ton arrivée dans le corps arbitral?
Vincent Loos
: C'était en 1995 avec une série d'arbitre bien connus aujourd'hui : Frédéric Deneumostier, Sébastien Duterme, Sébastien Mommens; nous étions poussés par Paul Prick qui voyait une série d'arbitre arrêter. Aidé par Hubert Asselman et Georges Collignon, nous avons très vite progressé et j'ai été désigné arbitre de nationale 1 un an après mes débuts. Et en 1997, je sifflais mon premier tournoi à Cardiff (c'était la Coupe des Coupes avec Louvain); il y avait Robert Lycke comme directeur du tournoi et cela m'a aidé.

okey : Des représentants belges dans les instances internationales, ça aide?
Vincent Loos :
tout-à-fait! Il est indispensable d'être poussé et nous manquons de gens à ce niveau. Précédemment, il y avait Adrien Peters, Claire Monseu, etc. qui nous aidaient à avancer. Au plus haut niveau, c'est très politique et il me semble indispensable d'avoir des repésentants belges à chaque tournoi. Je me souviens du récent tournoi U21 en Malaisie: lors de la troisième semaine, les grands pays arrivent avec leurs représentants de grand niveau, des gens hyper-connus, qui ont une aura indiscutable; cela a aidé certains tandis que les autres étaient oubliés. La Belgique doit absolument remplacer ces grands anciens qui sont très utiles. Si j'arrête l'arbitrage (en international, on est "retraité" à 46 ans), c'est certainement un job pour moi.

okey : Avec aussi un encadrement des autres arbitres qui montent!
Vincent Loos :
C'est ce qui nous a manqué lorsque nous sommes arrivés au niveau international. Nous avons suivi deux grands internationaux belges, Patrick Van Beneden et Eric Denis. Ils ne nous ont pas accompagné lors de nos débuts. Ce sont deux arbitres qui auraient pu nous transmettre l'expérience, le feeling, les attitudes, ce qu'il faut pour gérer un match. Le seul qui a pu m'aider en ce temps-là, c'est Jacky Manneback qui appartenait déjà à une génération antérieure. Il m'a expliqué comment contrôler, avoir la finesse pour tenir tous les éléments qui font partie d'un match; comment inspirer et imposer le respect pour faire un bon management de la rencontre.

okey : Tu es au niveau des arbitres couronnés: le top pour toi?
Vincent Loos :
J'ai commencé fort tard, cela fait 10 ans que je suis en international, et quatre ans que je suis couronné. Le niveau au-dessus, c'est le top, la liste "JO et Coupe du Monde": il y a une vingtaine d'arbitres à ce niveau. Je ne sais pas si j'y arriverai, mais en tout cas si je rétrograde, je laisserai ma place à un autre. Car chaque pays a un quota d'arbitre aux différents niveaux et celui qui ne progresse plus ou baisse de niveau bouche la place d'un jeune qui pourrait progresser. Il y a à chaque tournoi des points qui sont attribués. Si on est trop d'arbitres du même pays, on disperse les points et cela peut empêcher un bon jeune d'arriver à un bon niveau. A partir de "Promising" (le niveau juste en-dessous de la catégorie "Couronné", on est désigné par la FIH; en-dessous, c'est la catégorie "International", et là, c'est la fédération nationale qui désigne ses arbitres. Il y a là une gestion qui doit être faite intelligemment.

okey : Vous êtes défrayés pour arbitrer?
Vincent Loos :
Ici, à Lille, nous sommes logés et nourris; c'est tout. Le président de la fédération, Marc Coudron, a trouvé anormal que les joueurs des équipes nationales soient payés pour les jours prestés et pas nous. Il a introduit un statut équivalent à celui des joueurs et donc un défraiement pour les arbitres internationaux, suivant leur grade. Comme arbitre couronné, je touche 50€ par jour (les autres arbitres de grade inférieur touchent moins). Il ne faut pas oublier que pendant les 10 jours de ce tournoi, je ne gagne rien, mais que les frais à la maison et les loyers continuent à courir. Et puis n'oublions pas que nous sommes des athlètes de haut niveau; nous nous soignons comme les joueurs que nous arbitrons.

okey : Quel est le niveau ici à Lille?
Vincent Loos :
Il y a des arbitres avec plus 100 matches: un Murray Grime est Golden Whistle. Pour arbitrer ici, il faut un excellent niveau. Sur le beep test, nous devons arriver à 8. En Belgique, pour arbitrer en national, le niveau requis est 6; c'est trop bas à mon sens, on doit monter la limite. Nous devons exiger plus chez nous, d'autant que les nouvelles règles, comme la self-pass, demandent un placement excellent: sans physique, on y arrive pas. L'arbitrage belge s'améliore, il y a une bonne ambiance, de nouvelles têtes prometteuses. Nous devons nous améliorer, progresser, mais il faut aussi en face, au niveau des coaches entre autre, cesser de critiquer ou de reporter ses problèmes, ses défaites sur l'arbitrage. Nous commettons des erreurs, j'en suis conscient, mais au même titre que les joueurs. Et j'ose espérer que la presse ne mettra plus trop ces problèmes en avant alors qu'il y en a d'autres qui sont plus importants au niveau des matches.

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