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Pour
continuer l'analyse du hockey belge, Olivier Nonnon
apporte quelques propositions pour rendre le hockey
plus attractif. Et constate également que la Belgique
a le potentiel pour briller plus haut. Des pays émergeants
du hockey européen sont arrivés bien haut dans la hiérarchie
salle. Pourquoi pas la Belgique ? Petit tour de la question...
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okey : Quelles sont les grandes tendances en
Europe ?
Olivier Nonnon :
On peut parler de tendances émergeantes. Les pays "du froid"
progressent régulièrement. Autriche, République Tchèque, Ukraine, etc.
arrivent à nous dépasser. Je me rappelle une Coupe d' Europe C organisée il y a
une petite dizaine d’années par l'Orée au Calypso. Il y avait 2 équipes vraiment
compétitives : l'Orée et O.Z. Aujourd'hui, gagner en groupe C est un véritable challenge.
L'année dernière, nous (le Racing) avons sué sang et eau pour vaincre les
Slovaques et les Croates. Il y a 10 ans, on ne jouait pas en hockey en salle en
Ukraine. Aujourd'hui, ils sont installés pour longtemps en groupe B (3 podiums
et une quatrième place) et les filles sont championnes d'Europe Groupe A en
nations. Les Espagnols et Espagnoles, lorsqu'ils prennent la salle au sérieux,
dament régulièrement le pion aux Allemands et Allemandes. Les Argentins et
Argentines pourraient facilement suivre cette voie. L'exemple des frères
Garreta ou de Lucas Centurio (en Suisse) qui ont appris à jouer en salle tard
dans leur carrière confirment cette affirmation.
okey : La Belgique aurait-elle le même potentiel ?
Olivier Nonnon :
Certains
jeunes joueurs Belges ont un réel potentiel mais il faut qu'il puisse
s'épanouir. J'ai eu la chance de coacher Fred Soyez et Cédric Dagostino à l'époque
où ils étaient considérés comme les meilleurs joueurs du monde (Leipzig 2003)
et d'Europe (Hambourg 2003); je peux vous dire que Tom Boon et Gilles Jacob ont le même
potentiel. Maintenant, pour qu'ils atteignent le niveau de leurs deux
prédécesseurs français, il faut leur offrir l'environnement adéquat. Par
ailleurs, je pense que l'encadrement de l'équipe belge outdoor devrait
comprendre que le hockey en salle est un complément idéal au gazon.
okey : Mais pour cela il faut des installations !
Olivier Nonnon :
C’est un réel problème pour trouver des salles à Bruxelles et à
Anvers. Problème qui n'est pas prêt de se solutionner. Les clubs Bruxellois et
Anversois devraient penser à installer une salle dans leur club, et peut-être
d'abord investir dans leurs installations avant de dépenser des fortunes dans
le recrutement. Par contre, en dehors de ces régions, il est plus aisé de
pouvoir obtenir un accès aux salles communales. Certaines offrent un revêtement
de haut niveau, digne des meilleurs salles Allemandes, comme par exemple
Ostende et Knokke. L'exemple de Namur devrait être suivi. Autant il est difficile de progresser
dans la hiérarchie gazon, autant, en étant bien structuré, il est possible
d'atteindre l'élite belge en salle. Je pense que les clubs devraient bâtir des
salles dans leur installation et les rentabiliser en étant créatifs (création
de divers events). De plus, cela permet aux équipes premières de s'entraîner
valablement en période de mauvais temps (janvier-février). Il suffit, par
exemple, de recouvrir la salle d'un gazon synthétique que l'on aurait stocké.
Pour les jeunes, cela permet d'éviter de remettre les entraînements lors
d'intempéries. Et les entraîneurs préfèrent entraîner au chaud que dans le
blizzard.
okey : les Jeunes adorent la salle.
Olivier Nonnon : Les jeunes aiment dans leur grande
majorité le hockey en salle, car c'est plus technique, plus intense. Le terrain
est plus petit,
donc ils touchent plus la balle, notamment les gardiens de but. Faire
s'entraîner des jeunes en novembre et en décembre dehors engendre pas mal de
défections, surtout en écureuils et en préminimes. Les parents peuvent rester
au club-house pendant l'entraînement, les enfants sont moins malades. Les
jeunes devraient jouer à partir de novembre jusqu'en mars. La formule de cette
année dans laquelle on arrêtait le championnat indoor fin janvier pour jouer
une journée en outdoor le 7 février, pour ensuite arrêter celui-çi pendant 2
semaines pour cause de vacances n'a aucun sens.
okey : Et pour favoriser l’engouement pour ce sport ? Olivier Nonnon :
Il faut qu'il soit générateur de spectacle. Quelques idées pour le créer
:
- comme déjà dit , des installations de bon niveau
- le time-out : à Vienne, chaque équipe disposait d’une
minute d’arrêt par mi-temps (avec interdiction de l'employer dans les 2 dernières
minutes de la rencontre). Cela permet au coach de l'équipe
qui est à la dérive de se relancer et d'ainsi créer des renversements de score
toujours intéressant pour le suspense et le spectacle. En Belgique, on pourrait appliquer 2 time-out de 30
secondes par mi-temps et par équipe.
Exemple : comme à Vienne, tout première fausse sortie sur PC est pénalisée d'une carte verte, la
deuxième par une jaune et la troisième par un stroke. Les cartes vertes
devraient être pénalisées d'une punition temporaire d’une minute ou une minute
30. Favoriser la rapidité du jeu en permettant que les coups francs dans la
partie défensive ne soit pas jouée absolument à l'endroit de la faute et en
balle arrêtée.
- des règles adaptées sans enlever la
substance primaire.
- et contrairement à ce que j'ai dit précedemment, raccourcir les
temps de match ce qui pourrait niveler les forces en présence et ainsi créer du
suspense, générateur d'engouement des spectateurs.
okey : Et au niveau de l’organisation
de la compétition ?
Olivier Nonnon :
On pourrait maximiser les séries régionales en jeunes pour éviter les déplacements longs et difficiles, sujet de démotivation des
parents pour terminer évidemment avec un play-off national à 8 équipes par
exemple, formule Coupe d'Europe.
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