Archive 31-12-2014 Red Lions : Le défenseur belge revient sur la prestation des Red Lions au Champions Trophy.
Elliott Van Strydonck réagit au sondage sur la tenue de l’équipe belge en Inde.
Quand il a vu qu’un sondage était organisé sur lalibre.be à propos du déroulement du Champions Trophy en Inde, Elliott Van Strydonck s’est inquiété de ce qui pourrait en sortir. « Je veux défendre mon équipe et éviter qu’on en dise du mal sans justification. Des résultats pourraient blesser certains joueurs alors que certaines questions étaient trop ciblées. Notre monde du hockey n’est pas celui du foot et même si nous versons dans le professionnalisme, nous n’en sommes pas encore arrivés au point de pouvoir être confrontés à tout ce que nous trouvons sur le foot. Mais je ne veux certainement pas faire obstacle au fait que l’on nous critique ; cela fait partie du jeu et elle peut être constructive. Je n’aime pas trop le système des cotes mais j’ai vu que l’exploitation des réponses dans l’article était correcte et évitait de viser les joueurs »
Les matchs du Champions Trophy
E. Van Strydonck est revenu sur le déroulement du Champions Trophy. Si les débriefings après chaque rencontre ont été tenus de façon habituelle, le défenseur belge reconnaît que les choses auraient pu être mieux faites. « Jeroen Delmee nous a reproché en fin de tournoi de ne pas avoir été assez proactifs sur le plan du feedback. Nous avons un tas de possibilités pour débriefer une rencontre. Par exemple les clips vidéo personnels des rencontres ; trop peu d’entre nous les ont consultés. Jeroen était totalement disponible pour avoir des conversations individuelles.» Les joueurs ont estimé ne pas avoir besoin systématiquement de débriefing. Même si Delmee les a proposés, les feedback furent trop rares.
Delmee avait mis en place un système de ‘’leaders’’ qui représentent les joueurs lors des réunions. A Bhubaneswar, ce furent Luypaert, Dohmen, Denayer et Briels qui auront joué ce rôle. A la réunion de staff du matin, Delmee convoquait systématiquement deux ‘’leaders’’ pour connaître les avis des joueurs, pour préparer soit la journée soit la rencontre. « Malgré tout cela, j’ai la sensation que nous avons fait ce qu’on nous demandait, mais pas plus. On n’a pas fait d’extras. C’est le message que le coach nous a transmis en fin de tournoi. Il est très positif sur nos prestations mais il nous a clairement fait comprendre que nous devions être plus pros. »
Décevant
E. Van Strydonck reconnaît qu’au niveau du résultat, le Champions Trophy fut décevant. « Mais les conclusions en furent beaucoup plus intéressantes qu’à la coupe du Monde. A La Haye, on a terminé 5e avec un dernier bon match et cela a caché le fait qu’on a vécu une série de rencontre très moyennes ou difficiles. Après l’Inde, après ces rencontres où les résultats ont été décevant, on a pu ‘’sortir’’ bon nombre de leçons et cibler nos problèmes ; on a beaucoup parlé entre nous. Ainsi pour la ligne défensive qui a tant été critiquée, nous avons bien vu ce qui n’a pas fonctionné. Il y a eu des erreurs individuelles, des choses qui d’habitude n’arrivent pas. Au total, les statistiques nous sont favorables mais au final, la conclusion nous a manqué alors que du côté de nos adversaires, tout a bien tourné. J’ai toutefois la sensation que notre défense a mieux tourné à Londres et à Boom qu’en Inde. »
Le mental
Les plus gros reproches sont venus du mental de l’équipe. « C’est effectivement le point numéro 1 à travailler. Ainsi, je pense qu’il faille suivre les conseils de Jef Brouwers qui nous incité à évacuer tout ce qui peut nous freiner, nous troubler. Contre l’Inde, alors que nous menions 2-0, j’ai eu la sensation de me trouver seul ; l’équipe faisait son job sans être connectée, avec un stade qui hurlait pour l’Inde et qui nous empêchait de communiquer. J’ai connu moi-même un incident qui aurait pu changer le cours du tournoi ; sur un pc en notre faveur contre l’Inde, le sorteur contrait notre envoi, la balle partait en hauteur tout en heurtant ma tête et arrivait à un Indien qui partait marquer contre nous. Je n’ai pas réagi assez vite et le joueur qui se trouvait en retrait n’a pas également eu la bonne réaction : demander l’arbitrage vidéo. Avec un esprit plus serein, le cours de la rencontre eut pu être différent. Il faut utiliser le coach mental ; quand je vois les Australiens qui viennent avec 4 psychologues, cela fait réfléchir. Le hockey de haut niveau, ce n’est plus coup droit-revers ! »
L’exemple des Pays-Bas
E. Van Strydonck revient encore sur la nécessité de se parler : « Je me souviens de mon arrivée à Oranje Zwart et du premier meeting d’équipe. Il y avait un problème à résoudre et tout le groupe s’est réuni ; chacun a donné son avis en toute franchise. Aux Pays-Bas, on est direct, parfois trop. Mais on ose se dire les choses. On pourrait prendre exemple sur eux. »
La dernière place de Bhubaneswar semble être la meilleure chose qui soit arrivée aux Red lions ces derniers temps. C’est un sérieux avertissement à l’équipe belge qui n’a plus progressé depuis Boom. « Je suis content car je retombe les pieds sur terre ; rien n’a tourné en entre faveur, nous avons du travail, nous savons ce que nous devons faire. »
Une belle prise de conscience du numéro 29 belge.













