Gaëtan Dykmans a reçu de nombreux message quant à ses mauvaises qualités de pronostiqueur pour son championnat d’Europe. Sur okey.be (une mission difficile), il espérait avant tout le maintien en division A. Il a bien fait rire tout son monde en remportant ni plus ni moins que le titre européen !
10 à 15%
Au moment d’embarquer sur son vol retour de Pologne, il nous raconte ses espoirs d’avant tournoi. « Nous n’avions aucune vue sur nos adversaires. Je me donnais 10 à 15% de chance de remporter une médaille. On avait 3 objectifs : 1. le maintien 2. sortir de la poule 3. ramener une médaille (cela aurait été la première obtenue par une équipe belge en championnat d’Europe). Dans notre poule, on savait que les Allemandes au complet devaient être au-dessus du lot et on tombait d’entrée contre les championnes d’Europe de l’année passée. Sans savoir non plus ce que valaient les Polonaises. »
Et les choses n’allaient pas s’arranger avec le noyau du Wat’ qui devait déplorer la perte de Margaux Coudron qui s’était blessée au genou la veille du premier match : « Elle est une tour dans notre défense avec déjà une belle expérience en équipe nationale. Et puis, mon kiné m’annonce la veille du tournoi que 7 des 9 joueuses ont l’une ou l’autre gêne physique. Avec des inquiétudes pour l’une ou l’autre dont Viviane (De Jonghe) qui ne joue que sur une jambe. »
Première victoire
Le tournant de la coupe d’Europe s’est situé dès le premier match. « On savait que Sumchanka était une solide équipe et qu’une victoire pouvait être déjà décisive. » ET elle le fut en positif pour les Brabançonnes : elles battent les Ukrainiennes 2-4 avec la manière. Un match qui a tout d’un coup montré que chaque joueuse pouvait jouer au-dessus de la gêne de ses blessures et que l’équipe fonctionnait bien. « Après, j’ai regardé la Pologne et vu qu’elle était moins forte que prévu : on pouvait dès le premier soir sortir de la poule et aller en demi. » C’est ce qui s’est produit. Le Watducks allait disputer une demi-finale et pouvait peut-être faire quelque chose d’autant plus que le T1 des Vertes avait remarqué que les Allemandes de Mannheimer n’étaient pas au complet, en ayant accompagné deux des cadres par une série de jeunes joueuses. « Mes filles étaient plus fortes, avec une bonne ambiance en dehors et sur le terrain, en analyse et en fonctionnement dans le jeu. » Ce qui devait leur donner au travers d’une 3e victoire la première place de la poule et la certitude d’éviter les favorites de Den Bosch en demi-finale.
Vers la finale
En demi-finale, les Waterlootoises rencontraient les Anglaises d’East Grinstead. « Avec mon équipe qui tournait le tonnerre, je me disais que tout était possible dorénavant. Les Anglaises montaient de division B et pouvaient déjà considérer leur tournoi comme réussi. Ce pourrait être une chance pour nous. Mais leur pc était redoutable : Mills en a mis 6 dont 2 contre nous et termine d’ailleurs 2e meilleure buteuse. On est mené à la mi-temps et j’ai demandé de ne plus concéder de pc; notre seconde mi-temps a été plus défensive et on leur a marqué 3 buts pour se qualifier. » Restait enfin le rendez-vous avec les Néerlandaises. « On a la chance de marquer très rapidement, après 40 secondes. Den Bosch a fait un press de malade; on n’avait pas la balle. On a remis de l’ordre dans le bloc défensif et on est arrivé aux shoot-out. Et là, Viviane, malgré son élongation, a fait le job en forçant deux joueuses à la faute. » Et le titre nullement usurpé.
Expérience de malade
Jamais Gaëtan Dykmans, qui a déjà une fameuse expérience de joueur en équipe nationale (48 capes et 37 buts en 8 ans) et également comme coach de club, n’aurait pensé en arriver au titre de champion. « En tout honnêteté, je ne m’y attendais pas. J’ai bien vu qu’au fur et à mesure des rencontres, on a pu garder le press qu’on a développé en Belgique. On a mis beaucoup de rythme et gardé nos connexions sur le terrain. On a débuté le championnat belge de manière un peu chaotique mais on a grandi au fur et à mesure de l’avancée de la compétition. Et cette coupe d’Europe est l’aboutissement complet de notre saison. En tant que coach, c’est une expérience de malade et pour les filles, c’est fantastique. On a Daphné meilleure buteuse et France meilleure joueuse. Mais il n’y a pas qu’elles, toutes ont surjoué, tout le groupe a surjoué.«
Récupération
La délégation waterlootoises est rentrée ce midi en Belgique et va pouvoir se reposer jusque jeudi avant de partir à Barcelone pour un team building en vue de préparer la seconde partie du championnat. Avec beaucoup de moments de récupération pour les sallistes et pour soigner les bobos qui ont touché bon nombre d’entre elles. Le salaire d’un titre…













