La lettre ouverte de Magali Le Clef, ancienne internationale et maman de hockeyeurs, a suscité des réactions et amène un débat très utile, si pas indispensable.
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Edito
La professionnalisation du hockey belge a commencé au niveau des équipes nationales au début des années 2000, alors que plusieurs générations d’équipes A avaient manqué les grands rendez-vous internationaux, parfois de très peu. Alors qu’avant les années ’80 (jusqu’à Montréal), la Belgique du hockey présentait des joueurs et joueuses qui réussissaient à s’imposer grâce à leur talent, cela n’a ensuite plus suffi. Il a fallu y rajouter du travail, de l’entraînement. Ce qu’a fait la BNT à grand renfort de mesures, notamment d’organisation et bien sûr financières. Et les Red Lions y sont arrivés… tandis que les Red Panthers vont y arriver. Cela a débuté très tôt en imposant aux jeunes à partir de 14 ans des sélections larges et difficiles pour finalement arriver à choisir parmi plusieurs centaines de jeunes ambitieux (et poussés/aidés par les parents) à en extraire un ou deux talents par année qui accèdent au top..
Que faire du reste ?
Sur les 250 jeunes du départ en District (un chiffre estimé), il en reste donc 248 qui ne revêtiront pas le maillot des Reds. Mais qui auront vécu une aventure fantastique, nourrie de joie mais aussi de déception. Il faut le savoir et s’y préparer.
Cette professionnalisation s’est répercutée vers les clubs.
Si on redescend d’un cran, on arrive aux clubs et à tous ces jeunes qui s’entraînent comme des fous pour arriver en équipe première de leur club : c’est le sujet de la lettre ouverte de Magali Le Clef. Il y a pour les centaines de jeunes qui arrivent de U19, douze fois 2 ou 3 places (parfois moins) en équipe première : pour les autres, ce sera -une fois atteint l’âge de la retraite jeunes (20 ans) – les équipes loisirs ou le championnat Open (ex-Réserves). Ou le changement de club.
De toute façon, cela sera vécu comme un échec de ne pas avoir accédé à l’objectif final de la majorité des jeunes : jouer en première.
Solutions
Une solution apportée par Magali Le Clef est de créer une division U21 ou U23 qui jouerait le samedi, question de permettre aux coachs de première de visionner en situation réelle de possibles recrues oubliées en U19. Autre solution, réautoriser plusieurs équipes du même club en championnat national. Ceci avait été interdit il y a quelques années car les grands club étouffaient les petits en leur chipant des places en championnat. La création de clubs satellites avait également été fortement déconseillée et interdite en VHL ; elle existe encore, à l’image de la récente création de Woluwé qui rassemble des joueurs excédentaires de l’Orée, ou du Merlo pour Uccle Sport. En son temps, des synergies avait été créées entre clubs anversois avec des échanges de joueurs. VHL et LFH n’ont pas les mêmes perceptions de l’Open League et ne considèrent pas toujours cette division comme une vraie réserve. Reste le phénomène des joueurs étrangers qui occupent une moyenne de 6 places par équipe en DH Messieurs ; autant de places qui échappent aux Belges. Faut-il en limiter le nombre alors qu’ils sont très utiles sous forme d’encadrement de notre jeunesse ?
Ne plus gaspiller
Le problème soulevé par notre ex-internationale est évident : on ne peut pas éduquer des jeunes et puis à un moment donné leur dire que tout ce qu’ils ont fait ne leur servira plus. Au bout de chaque formation, il doit y avoir une récompense et pour l’institution (le club) qui a formé, le sentiment que cela aura servi. Il ne faut pas gaspiller. On ne peut plus voir des joueurs formés faire banquette ou envoyé au placard. Créer des synergies entre grand et petits clubs peut être une solution : l’attachement au club est une chose, le bien commun en est une autre. Et l’adaptation des structures une nécessité : les championnats peuvent et doivent être modulés de manière rapide, en fonction des besoins. Avec de nouvelles divisions, avec un nombre d’équipe adapté vers le haut si cela peut être bénéfique à l’ensemble.
Un beau sujet de réflexion.













