Objectif raté : c’est un peu le résumé très cru que relèvent les différents médias, les consultants et acteurs de ce Mondial à Wavre. Les Red Lions vont terminer 7e ou 8e de cette coupe du Monde alors qu’ils avaient remporté celle de 2018 qui leur avait valu ce superbe et inoubliable accueil à la Grand’Place de Bruxelles.
Pas la même équipe.
Sauf qu’en 2018, c’était le début de la trilogie en Or Mondial-Euro-JO de la génération dorée. Justement celle qui a quitté entretemps le noyau des Red Lions pour goûter à une retraite méritée. Et qu’entretemps, un nouveau noyau s’est installé pour tenter de rejoindre le même niveau de hockey que ses aînés. Avec un résultat marqué par le mur espagnol qui les a éliminé en quart de finale à Paris en 2024, une mise dehors du top 4 à Monchengladbach en 2025 et ce nul contre les mêmes Espagnols en 2026 à Wavre
La leçon de l’Euro
Le bilan de l’Euro de Monchengladbach avait été sans pitié. Reprenons l’évaluation de l’article paru à ce moment-là : « Shane McLeod avait prévenu, cette équipe est en reconstruction. Elle l’a prouvé en ne réussissant pas à dépasser l’Espagne en match de poule. On ne nous retirera pas de la tête que notre équipe est en régression depuis bien avant le départ après les JO des 10 joueurs qui ont conquis les trois médailles suprêmes. Et donc avant Paris. Contre les grosses équipes, dont l’Espagne, qui a réussi sa reconversion de manière aussi rapide que les Pays-Bas, elle n’a pas trouvé les ressources mentales pour arriver au niveau de vainqueur. …«
Un Euro qui a été marqué par le claquage de porte d’Antoine Kina qui a secoué le hockey belge. Entretemps, les raisons profondes de son départ (et de son papa qui était dans le staff) mettait en avant un désaccord sur la tactique : « il faut changer le système de press » est une des raisons qu’a rapporté un média. Il y a d’autres raisons mais un ras-le-bol du brillant milieu de jeu était criant. Avait-il raison après coup ? Peut-être que le nouveau débrief de la Fédé lui donnera-t-il en partie raison.
Les faits
Il ne faut pas chercher loin dans les chiffres pour constater l’impuissance de l’équipe. 2 victoires contre les équipes les moins bien classées de la poule initiale, une courte défaite contre l’Allemagne et deux nuls contre l’Australie et l’Espagne. 6 pc convertis sur 35 obtenus. Une large domination sur toutes les équipes du top 6 et pas de conversion en buts correspondants à cette domination. Avec une stérilité dans ces matchs à enjeu qui fait oublier les succès de la Pro League, et une première place dès lors sujette à caution quant à sa valeur !
Déclarations choc
Parmi les interviews données à différents micros, des joueurs reconnaissaient un manque d’efficacité offensive et le fait que « si on n’est pas capable de battre les équipes du top 8, on ne peut pas revendiquer une place en demi-finale. » Shane McLeod reconnait également que son noyau n’est pas encore arrivé à la même qualité que celle de l’âge d’Or des Red Lions et que les autres équipes mondiales sont arrivées au niveau des Belges… à moins que ce soient les Belges qui sont redescendus de niveau. En tout cas, McLeod reconnait son échec (voir son interview dans La Libre) et pose clairement le problème Tom Boon : il est devenu le seul attaquant capable de marquer et de mener son équipe au succès ; les autres attaquants se cachent-ils derrière lui ? Il voit aussi sans le nommer une baisse d’efficacité dans le milieu avec un Van Dessel qui doit encore travailler pour arriver au niveau de Dohmen. Il répond aussi à la question de l’absence de Kina qui peut changer la face des Red Lions : « Il nous manque mais il a fait un choix.«
Et les pc
Les autres équipes de niveau mondial ont étudié les Belges. Les pc de Hendrickx et de Boon n’ont plus de secrets pour les défenses de haut niveau. Pourtant, les Lions n’ont pas changé leur manière de faire. C’en est fini du pc direct face aux sorteurs du top mondial : il faut trouver des alternatives pour percer les défenses; il n’est pas acceptable que le staff belge n’y ait pas travaillé.
Une reconstruction lente
Tout n’est pas aussi noir que certains veulent bien le dire. Les Red Lions nous ont émerveillé par leur hockey durant une bonne partie de ce Mondial. Comme le déclaraient des cadres de l’équipe, « tout est là pour aller gagner, tout est bon, mais il faut la mettre au fond; et pourquoi ça ne marche pas, on ne sait pas…« .La reconstruction de cette équipe est un peu plus lente que celles de certaines équipes du top mondial, comme nous l’écrivions dans le bilan de Paris. Amener une moitié de nouveaux joueurs au sein du noyau dans une compétition aussi compliquée que celle de Wavre (la nouvelle formule était bien plus exigeante que toutes les autres déjà disputées) n’est pas simple. Les domaines à travailler sont clairement apparus et le groupe des Lions sait parfaitement où le bât blesse. Il faudra que Shane Mc Leod s’en rende compte, lui qui a bien prévu de rester jusqu’aux JO.













