La lettre ouverte de Magali Le Clef et l’édito « et nos jeunes etc… » continuent à animer les discussions sur l’avenir de nos jeunes Boys U19 au moment où ils sortent de cette catégorie pour rentrer dans la catégorie Senior. Moment où le nombre de déçus de ne pas pouvoir intégrer l’équipe fanion est important et pose problème.
Antoine Ide, ancien gardien réputé et actuel manager du tophockey au Beerschot, nous rappelle un contexte nouveau qui doit faire oublier le temps passé où la Fédé de hockey ne comptait pas plus de 15.000 membres.
La réalité d’aujourd’hui
La formation des jeunes, surtout dans les grands clubs, est au centre de l’attention de leur direction. Au moins la moitié des clubs de Belgique se sont dotés d’une structure qui copie celle des équipes du top 10 et d’un peu plus loin celles des équipes nationales. Avec des entraîneurs de haut niveau que l’on s’arrache. L’ambition des clubs est évidemment de viser les plus hautes divisions du championnat national.
Antoine Ide se souvient de sa jeunesse : « Il y a 30 ans et plus, j’ai grandi avec des joueurs comme Zoulou Brulé, Benjamin van Hove, Thomas Van Den Black, contre qui on jouait 2-3 fois par an, eux qui ont tous atteint l’équipe nationale. Nous étions moins nombreux qu’aujourd’hui, à peine 50 clubs alors qu’on est plus de 100 aujourd’hui. Et puis la professionnalisation est arrivé. De mon temps, on pouvait monter en équipe première à 16 ans chez les Boys : il y avait de la place. Aujourd’hui, si on arrive en première à 18-19 ans, cela veut dire qu’on est un vrai talent. En filles, on a 10 ans de retard sur les garçons et il est encore possible de monter à 16 ans en première : il suffit de voir la DH d’aujourd’hui.«
Une question d’ambition
Notre interlocuteur juge inévitable le blocage des U19 face à l’entrée en équipe première. « On ne monte plus en première à 18-19 ans comme cela. Il faut une énorme bagage technique et surtout physique. Etre en championnat national exige désormais plusieurs entraînements par semaine, une hygiène de vie exemplaire et du talent. Si un jeune est ambitieux et veut jouer en première, il doit remplir des conditions. Certains veulent déjà être des vedettes à 15-16-17 ans. Les jeunes sont devenus exigeants mais n’ont encore rien prouvé. Il est indispensable de se faire coacher par son entraîneur, par son directeur sportif et avoir des conversations pour se rendre compte de la réalité. C’est logique, c’est nécessaire. »
Des solutions
Si un joueur n’est pas repris en première, plusieurs solutions s’offre à lui. Antoine Ide ne croit pas nécessairement à la création d’une catégorie U21 ou U23 : « Il faut d’abord qu’il y ait assez de BONS joueurs pour créer un championnat de cette catégorie. Mais même si elle était créée, le fossé entre cette division et la DH sera encore trop important. Il y a l’alternative qui est l’Open League, laquelle sera toujours plus forte qu’une division U23. Selon moi, on est arrivé en Belgique à une configuration semblable à celle de la Hollande. Et là, pour celui qui a l’ambition de jouer en DH par exemple, il faut changer de club et aller, comme en Hollande, en Promotieklasse par exemple. Cela va évidemment contre l’esprit de club (je suis personnellement attaché à mon club et c’est un peu contre mes valeurs d’en changer, mais les temps ont changé). A partir du moment où un joueur est bloqué dans son ambition de monter au top, il peut ou doit choisir une étape de transition qui est celle d’aller jouer dans un club qui est un peu plus bas que son club actuel et prendre du temps de jeu avec cette équipe, plutôt que de rester à attendre qu’une place se libère. Je pense que c’est le sort de tous les joueurs qui sont 17e, 18e,. dans leur noyau actuel. Et si cette transition réussit, la porte s’ouvrira pour aller jouer en première du club initial. C’est aussi simple que cela : l’ambition exige des sacrifices. Mais attention, il faut trouver le bon moment pour le faire, pas trop jeune, rester patient et ne pas se surestimer. Prendre conseil avec la direction sportive de son club est indispensable.«
Et de citer le noyau des Red Lions où l’on voit effectivement que peu de joueurs sont restés dans le club de leur jeunesse avant d’arriver au top. La professionnalisation est passée par là : le développement de la Fédé et des clubs en a bénéficié avec ses conséquences… On a effectivement tellement grandi ! D’un coté, c’est dommage mais cela a fait évoluer notre sport !













